DÉFENSE DES DROITS ET ACQUIS DÉMOCRATIQUES: EnCoRe, le souffle de survie de l’opposition béninoise.-NordBenin.

Le Dr Nadin Tayéwo Kokodé, une semaine après avoir introduit un recours pour contrôle de constitutionnalité du parrainage, porte sur les fonts baptismaux, avec sa coordination le Mouvement EnCoRe (Ensemble Construisons notre République). La cérémonie consacrée à la sortie officielle de ce mouvement s’est déroulée le samedi 21 novembre 2020 à Savè en présence des sages, notables et têtes couronnées des Collines et du Borgou.

Venus de tous les horizons, les femmes, jeunes et acteurs politiques ont répondu à l’appel du Président Nadin Tayéwo KOKODÉ. A sa prise de parole, le leader du mouvement EnCoRe a expliqué que « EnCoRe est un mouvement politique, démocratique et citoyen. Notre objectif est la sauvegarde des droits civiques et des libertés fondamentales, de même que la défense des acquis démocratiques issus de la Conférence nationale des Forces Vives de la Nation. EnCoRe est une organisation apolitique, tout le monde y trouvera sa place, du moment où nous œuvrons pour la vérité. Notre souhait est qu’à travers nos rencontres citoyennes, nous allons éveiller les consciences au désastre qui affecte notre démocratie.» En effet, le choix porté sur la ville de Savè pour abriter la cérémonie de mise sur pied du mouvement peut s’expliquer en quelques mots selon son président. «Premièrement, parce que Savè, c’est aussi chez moi, c’est chez mes parents et j’ai ma famille ici. Secondo, c’est aussi au centre du Bénin, et pour des raisons économiques évidentes, la petite organisation que nous sommes, devait tenir ses premières assises au centre du Bénin. C’était Savè ou Parakou. J’ai décidé de venir chez moi. Tertio, l’on m’a dit que Savè était une zone sensible. Populations de Savè, Majestés, Têtes couronnées, chers invités, il n’y a pas de zones sensibles au Bénin. Il ne devrait pas y en avoir. Il n’y a pas de zones de non droit. », a poursuivi le Président dudit mouvement.  »Les évènements douloureux qui nous ont affectés, qui ont emportés nos proches, nos enfants, nos femmes, nos maris, ne doivent pas nous amener à exclure notre ville du progrès du développement et des évènements politiques, culturels et sportifs. Savè doit se tourner vers l’avenir. Voilà pourquoi nous sommes à Savè, pour redonner espoir à toutes les villes et campagnes qui ont lutté pour la liberté, notre liberté et qui l’ont, hélas, fait au prix de vies humaines perdues », a ajouté Dr Tayéwo Nadin Ange KOKODE. Plus loin, il a fait savoir « que lorsqu’on tombe, il ne faut pas regarder où l’on est tombé mais pourquoi nous sommes tombés. L’histoire de notre démocratie depuis plusieurs années est faite de mensonges et se perpétue à travers le temps. Là où le mensonge devient inquiétant, c’est lorsqu’il devient une institution. J’aimerais vous rappeler trois gros mensonges qui ont ébranlé notre démocratie : Souvenons-nous le fameux dialogue politique dont le but était de restaurer la paix après la mise à mort de notre démocratie qui avait amené à l’Assemblée nationale deux partis siamois. Ce dialogue ne fut qu’une entourloupe qui a donné naissance à un second mensonge plus grave, la modification une nuit de Toussaint 2019 de notre constitution. Et pourtant, quelqu’un nous avait fait la promesse de ne plus avoir comme objectif de modifier cette constitution. Plus vieux encore, nous avons tous en esprit, cette promesse de faire le job en 5 ans. Elle est, cela semble évident, déjà enterrée. Bientôt, on nous dira qu’il faut terminer les travaux entamés, comme si un humain pouvait décider de terminer une œuvre. Face à tout cela, la peur nous empêche de parler librement, de discuter dans la rue en groupe, d’échanger sur les réseaux sociaux en toute liberté. Cette peur dont il faut que nous nous séparions pour aller les uns vers les autres. »
Sur le volet de la présidentielle prochaine, ledit mouvement appelle déjà avec insistance à des élections plus inclusives avec la levée de toutes les barrières érigées en normes. Le Bénin est un pays de paix, de Tolérance. Il est important pour Encore, que chacun ici, prenne son bâton de pèlerin pour parcourir nos villes et nos campagnes et aille dire à nos élus, à nos députés, à nos maires, que nous ne croyons plus au mensonge, nous ne croyons pas aux parrainages donnés aux candidats de l’opposition, et que nous avons peur, une peur légitime cette fois-ci que des élections n’ébranlent une fois encore la paix. »
De vigoureux mais chaleureux débats ont prouvé que la population était en attente d’une initiative franche qui réconcilie les Béninois.

Alfred ADJOMAGBOSSOU

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